Francia e radicalizzazione islamista. Nasce il primo Centro di prevenzione delle derive settarie legate all’Islam (CPDSI).

19/2/2014

NOTA: All’articolo in lingua originale segue libera traduzione in italiano a curadi favisonlus

Radicalisation islamiste, un premier centre de prévention créé en France

La chercheuse Dounia Bouzar annonce le lancement du « Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam », une association pour aider les familles dont un enfant se radicalise.

Convaincue d’être face à un phénomène similaire à celui des sectes, elle entend fédérer travailleurs sociaux et spécialistes des dérives sectaires pour mieux prévenir les radicalisations.

Cela fait « des années » qu’elle demande aux pouvoirs publics de créer une structure de recherche sur la radicalisation de jeunes musulmans. Mais comme rien ne bouge, Dounia Bouzar (2) a décidé de la lancer elle-même. Ce sera le « Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam » (CPDSI). « Les travailleurs sociaux constatent ces dérives depuis des années. Ils ont toujours un temps d’avance », sourit-elle.

Ces dernières semaines, avec les départs de jeunes vers la Syrie, le phénomène a explosé sur la scène publique. Une levée du tabou qu’elle juge positive.  « Les familles sont soulagées de pouvoir nommer les choses et critiquer le comportement de rupture lié à l’islam radical sans pour autant faire le procès de l’islam lui-même, explique l’anthropologue.Elles peuvent se tourner vers l’assistante sociale ou la police en disant : ‘‘Il y a un problème. Mon enfant est en danger, aidez-moi’.’ »

DES RELAIS D’ÉCOUTE POUR LES FAMILLES

Cette aide, c’est l’un des enjeux du CPDSI, qui entend « fédérer les experts et les professionnels de terrain » pour former des « relais d’accueil, d’écoute et de partage pour les familles ». Dounia Bouzar espère aussi qu’enseignants et élus se rapprocheront de ces « cellules d’alerte et de ressources ».

Les premières seront créées en région parisienne et à Rennes, Montbéliard et Grenoble. Là où l’anthropologue a formé des travailleurs sociaux sur la radicalisation. Les élus seront sollicités pour aider au montage financier de l’opération : « Je vais aller voir les responsables politiques, nationaux et territoriaux, tous ceux qui me soutiennent depuis des années, et leur demander de s’engager concrètement. »

La chercheuse s’est entourée, au conseil d’administration, de personnalités « aux opinions diverses mais désireuses de croiser les regards sur cette cause commune » : Christophe Caupenne, ancien chef des négociateurs du Raid, Omera Marongui, sociologue de l’islam, Anne Fournier, ancienne experte auprès de la Miviludes (1).

Des passerelles seront ainsi créées avec des spécialistes des dérives sectaires : la Miviludes, volontaire pour former les travailleurs sociaux du centre, ou, localement, les Associations de défense des familles et de l’individu victimes de sectes (Adfi), qui reçoivent depuis quelque temps des familles de jeunes radicalisés, parfois envoyées par la police.

« Nous pouvons apporter notre connaissance du processus d’emprise mentale sur des individus vulnérables, du phénomène de rupture, explique Catherine Picard, présidente de l’Union nationale des Adfi. Mais nous manquons, de notre côté, de recul et d’expertise concernant les particularités liées à l’Islam. Nos équipes sont soulagées de trouver le relais de travailleurs sociaux formés. »

RÉFLÉCHIR AUX PROCESSUS D’ENDOCTRINEMENT

Enfin, le CPDSI aura pour objectif de « lancer, organiser et coordonner des processus de recherches et de prévention ». Il s’agira d’étudier et de définir les étapes de l’endoctrinement et de la déstabilisation mentale, ainsi que de la place d’Internet dans ce processus. Les chercheurs associés devront repérer le « faisceau d’indices » laissés par ces jeunes durant leur radicalisation.

« Les familles témoignent qu’elles n’ont rien vu venir, explique Dounia Bouzar, mais à vrai dire, personne ne sait aujourd’hui faire la différence entre ce qui relève de la religion musulmane et ce qui relève de l’emprise mentale. Il faut arrêter les amalgames. On sait le faire pour les autres religions, mais pas quand il s’agit de l’islam. Cela devrait être de la responsabilité du ministère de l’Intérieur, mais en attendant, on va s’organiser en tant que citoyens. »

Fin janvier, Manuel Valls avait bien annoncé une série de mesures pour les jeunes radicalisés et leurs familles. Mais rien, pour le moment, ne s’est concrétisé. « Depuis les attentats de 1995, la France ne lutte contre le terrorisme et l’extrémisme que par des politiques répressives et sécuritaires, jamais préventives, contrairement au Royaume-Uni par exemple , déplore le sociologue Samir Amghar. Les responsables politiques sont aujourd’hui désemparées pour prévenir la radicalisation des jeunes ou pour les réinsérer. »

Le CPDSI se donne ainsi pour objectif de créer des supports pédagogiques pour « informer et former », via des conférences, des publications, des ateliers… « Je mise beaucoup sur la prévention, insiste Dounia Bouzar, car une fois que le jeune est endoctriné, c’est très difficile de le ‘‘déradicaliser’’. On a essayé avec des éducateurs, des psychologues, des imams, mais on a beaucoup de mal à les atteindre. Il ne faut pas attendre pour agir. »

Flore Thomasset

(1) Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.  

(2) Dounia Bouzar, Désamorcer l’islam radical : ces dérives qui défigurent l’islam, Éditions de l’Atelier, 2014

Fonte: la Croix

http://www.la-croix.com/Actualite/France/Radicalisation-islamiste-un-premier-centre-de-prevention-cree-en-France-2014-02-19-1109115

Radicalizzazione islamista, lanciato centro per la prevenzione in Francia

La ricercatrice  Dounia Bouzar annuncia l’apertura del ” Centro di prevenzione contro le derive settarie legate all’Islam “, un’associazione per aiutare le famiglie con bambini radicalizzati .

Convinta di essere di fronte a un fenomeno simile a quello delle sette, intende riunire assistenti sociali e specialisti di derive settarie  per meglio prevenire le radicalizzazioni .

E’ormai “da anni” che chiede ai governi di creare una struttura di ricerca sulla radicalizzazione dei giovani musulmani. Ma, poiché non si è mosso nulla, Dounia Bouzar ( 2 ) ha deciso di attivarsi personalmente. Questo sarà il ” Centro di prevenzione contro le  derive settarie relativo all’Islam ” ( CPDSI ). ” Gli assistenti sociali constatano questi abusi da anni. Sono sempre un passo avanti , ”  sorride .

In queste ultime settimane, con la partenza dei giovani per la  Siria, il fenomeno è esploso sulla scena pubblica. La rimozione di un tabù che giudica positivo. ” Le famiglie si sono sollevate per poter chiamare le cose e criticare il comportamento della rottura legata all’Islam radicale, senza d’altro canto fare il processo allo stesso Islam”, dice l’antropologa, ” esse possono rivolgersi all’assistente sociale o la polizia , dicendo :C’è un problema . Mio figlio è in pericolo , aiutatemi ! “.

CENTRI D’ ASCOLTO PER LE  FAMIGLIE

Questo aiuto, è una delle poste in gioco del CPDSI, che intende ” riunire esperti e professionisti del settore ” per creare ” punti di accoglienza, di ascolto e di condivisione per le famiglie.  Dounia Bouzar spera anche  che insegnanti e politici si avvicineranno a questi  centri d’allarme e di sostegno .

La prime strutture saranno create nella territorio parigino e a Rennes, Montbéliard e Grenoble . Laddove l’antropologa ha formato assistenti sociali sulla radicalizzazione. Ipolitici saranno sollecitati al sostegno finanziario dell’operazione :”Sto per incontrare i funzionari politici , nazionali e territoriali , tutti quelli che mi sostengono da anni , per chiedere loro di impegnarsi  concretamente.”

La ricercatrice si è circondata ,  nel consiglio d’amministrazione, di personalità “dalle diverse opinioni ma disposte a concentrare lo sguardo su questa causa comune”: Christophe Caupenne , vecchio capo dei negoziatori del Raid, Omera Marongui , sociologo dell’Islam, Anne Fournier , vecchia esperta della Miviludes ( 1 ) .

Verranno creati ponti  con gli specialisti di derive settarie: la Miviludes , volontaria per formare operatori sociali del centro, o localmente, Associazioni di difesa delle famiglie e delle persone vittime delle sette (ADFI)  che accolgono da tempo famiglie di giovani radicalizzati, a volte inviate dalla polizia.

” Possiamo portare la nostra conoscenza del procedure d’influenza mentale su persone vulnerabili ,del fenomeno della rottura”,  spiega Catherine Picard , presidente dell’Unione nazionale delle ADFI. “Manchiamo però,  di  conoscenza e di perizie sulle particolarità relative all’Islam. I nostri team sono sollevati dal trovarsi a contatto di assistenti sociali formati. ”

RIFLETTERE SUL PROCESSO DI INDOTTRINAMENTO

Infine, il CPDSI avrà lo scopo di ” avviare, organizzare e coordinare il processo di ricerca e di prevenzione.  Si tratterà di  studiare e definire le fasi dell’ indottrinamento e della destabilizzazione mentale, come pure il ruolo di Internet in questo processo . Ricercatori associati dovranno reperire il ” fascio di indizi” lasciato da questi giovani durante la loro radicalizzazione .

“Le famiglie testimoniano di non essersi accorte di nulla” , dice Dounia Bouzar , “ma a dire la verità , nessuno oggi sa la differenza tra ciò che appartiene alla religione musulmana e che cosa sia il controllo mentale. Dobbiamo cessare la confusione. Possiamo farlo per le altre religioni , ma non quando si tratta di Islam . Questa dovrebbe essere responsabilità del Ministero degli Interni , ma nel frattempo, ci si organizzerà come cittadini . ”

A fine gennaio, Manuel Valls aveva proprio annunciato una serie di misure per giovani radicalizzati e le loro famiglie. Ma nulla per il momento, si è concretizzato “.

“Dopo gli attentati del 1995, la Francia non combatte contro il terrorismo e l’estremismo che con politiche repressive e di sicurezza, mai  preventive, a differenza per es. del Regno Unito”, lamenta il sociologo Samir Amghar, “I responsabili politici sono oggi impotenti per prevenire la radicalizzazione dei giovani o per reinserirli . ”

Il CPDSI ha anche come obiettivo  la creazione di materiali didattici idonei a ” informare ed educare “, attraverso conferenze, pubblicazioni, seminari … “Punto molto sulla prevenzione” , insiste Dounia Bouzar, “perché una volta che il giovane è indottrinato , è molto difficile “deradicalizzarlo ”. Abbiamo provato con educatori, psicologi, imam, ma è molto difficile raggiungerlo. Non si deve aspettare per agire. ”

Flore Thomasset

( 1) Missione interministeriale di vigilanza e contrasto alle derive settarie ((MIVILUDES) .

( 2 ) Dounia Bouzar , disinnescare l’Islam radicale : quegli abusi che deturpano l’Islam , Editions de l’ Atelier , 2014

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